J'irai au creux des sources
j'irai boire la mer, presque certain d'y rester
j'irai au creux des rêves
j'irai par la porte ouverte des bouches de suicide
vous n'aurez connu de moi
que la nuit sur le jour des autres
Vous n'aurez aimé en moi
que mon amour de la solitude.
J'irai la main tendue
la main couverte de regrets
de visages lacérés de lance-flammes
la main ouverte sur les hommes
la main ouverte sur le sang, sur l'amour,
sur l'amour du sang.
J'irai le ventre ouvert
le ventre ouvert sur mon appétit
sur ma soif d'amour, d'entendements
le ventre ouvert sur le jour
le ventre ouvert au soleil
au soleil qui ne brille plus
que sur les crânes fatigués
des marchands de guerres.
J'irai pourrir au cercueil
le doigt arraché aux plaintes des deuils
J'irai pourrir dans l'éternité
le crâne arraché aux marteaux des soldats
J'irai pourrir sous le sol
la langue tirée des connes philosophies
J'irai pourrir dans mes chairs
la chair recroquevillée contre le mal
J'irai contre l'homme
contre l'homme qui se bat contre l'homme
contre l'homme
contre-attaquer la raison qu'a l'homme d'attaquer
J'irai contre l'homme
contre le sang couvert d'hommes
contre l'homme couvert de sang
J'irai au bout de la fossille
J'irai couper mes doigts à la fossille
dire à la naissance
qu'elle a eu grand tord.




